TOURNÉE 2019 / 2020
• 21 - 26 novembre : Théâtre Olympia, cdn de Tours
• 7 - 18 janvier : Le Monfort Théatre
• 23 janvier : L'Hectare - Scène conventionnée de Vendôme
• 3 et 4 mars : Théâtre de Saint Quentin en Yvelines (Scène nationale)
• 19 mars : Les 3T-Scène conventionnée de Châtellerault
• 24 mars : Théâtre Thouars - Scène Conventionnée
• 26 mars : Le Gallia Théâtre-Cinéma - Scène Conventionnée de Saintes

Note d'intention

Notre premier contact avec le texte d'Emmanuel Adely a été un choc.

 

Il possède un aspect captivant qui découle naturellement du traitement épique de ce récit. Et surtout, à travers la figure de ce héros guerrier contemporain ce sont toutes les fascinations et les contradictions de l’Occident qui se cristallisent.

Sous l’œil critique de l’auteur, à travers le récit haletant d’une opération menée par vingt-trois Navy Seals, guerriers élevés aux jeux vidéo et à la pizza, enfants gâtés d’une Amérique fantasmée surpuissante, frères d’armes abrutis par les harangues martiales, dont les dieux seraient des hélicoptères, le Collectif NightShot ne raconte pas la traque de « La Star Numéro Un du Mal » telle qu’elle a eu lieu mais telle que nous autres occidentaux sommes incités à l’imaginer, en questionnant et en manipulant les clichés dont nos cerveaux sont encombrés.

A la manière de conteurs modernes, nous souhaitons porter à la scène l’oralité évidente de ce roman en inventant des tableaux précis, en puisant dans la pop culture et les images d’Epinal qu’elle charrie. Notre fer de lance est la puissance évocatrice des codes hollywoodiens dont nous avons été abreuvés depuis notre plus tendre enfance, nous les transposerons au théâtre dans un rapport iconographique à l’imagerie déployée par le cinéma américain.

En portant ce roman à la scène, nous souhaitons interroger ces formes et ces modes de narration littéraires, cinématographiques, télévisuels et vidéo-ludiques, ultra-référencés, ultra-rythmés, dont la grande efficacité et le terrible esthétisme nous masquent un fond parfois ambigu voire peu reluisant.

Nous voulons proposer aux spectateurs une expérience immersive dans notre inconscient collectif afin d’observer les individus biberonnés à la culture américaine que nous sommes devenus et questionner ce perpétuel paradoxe qui est d’adorer détester ce pays et de détester l’adorer.

« Le héros des films américains, comme le héros

grec antique, est réputé pour ses extraordinaires

capacités. Il donne dans le grand spectacle, hors

du commun. Il n’en est pas moins défini, et en

propre, par des recettes plus ordinaires, forgées

à la confluence de la société et de l’art, dont il

faudrait réapprendre à s’étonner. Parler des héros

des films hollywoodiens, c’est questionner nos

petites cuillers, comme dirait Georges Perec,

c’est-à-dire un objet devenu si banal qu’il en

échappe aux questions. D’où vient le charme

des héros américains, pour le monde (presque)

entier ? Forgent-ils un esprit, un ethos ? Comment

représentent-il les comportements en société ?

Participent-ils de la structuration d’un quotidien, de

gestes, de conceptions, de rapports au monde ? »

Olivier Fournout,

« La fabrique du héros hollywoodien »,

Communication & langages, n° 172, février 2012, pp. 137-156

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